Comment est réellement mort Claude François le 11 mars 1978 ?

Affiche du film "Cloclo" qui sort en salle le 14 mars ©Studio Canal
Affiche du film "Cloclo" qui sort en salle le 14 mars ©Studio Canal
Un livre, "La dernière nuit de Claude François" met fin aux rumeurs qui circulent depuis trente-quatre ans sur la mort de la star.

1. Quelles rumeurs ont circulé ?

On a parlé d’électrocution due à un vibromasseur ou à un séchoir électrique. On a évoqué une crise cardiaque lors d’une partie fine ou lors d’une relation avec un travesti au bois de Boulogne. On a spéculé sur une overdose ou un suicide.

On a même parlé d’un complot : il aurait été assassiné par le Chah d’Iran car il était amoureux de la Chabanou, les accidents auxquels il avait miraculeusement réchappé (un attentat à l’Hôtel Hilton de Londres et une fusillade sur l’autoroute du Sud) ayant été des tentatives ratées.

D’aucuns ont même pensé qu’il n’était pas mort. Pour échapper à ses déboires financiers, il aurait fait croire à sa disparition pour vivre d’amour et d’eau fraîche à l’autre bout du monde sous une autre identité. Une thèse à laquelle croira, jusqu’à sa mort, Josette Martin, l’une de ses anciennes habilleuses : toute sa vie, elle parcourra la planète en placardant sa photo pour retrouver sa trace. Une séquelle sans doute du cintre qu’il avait brisé sur son dos un jour de colère…

2. Pourquoi sont nées les rumeurs ?

Du fait que l’annonce de sa mort par le Téléphone rouge d’Europe 1 contenait une erreur : Claude François se serait électrocuté en "changeant une ampoule".

Version reprise par la dépêche de l’AFP, puis par l’ensemble des journaux radio et télévisés du funeste week-end. Même si remplacer une lampe en ayant les pieds dans l’eau n’est pas un exemple de prudence domestique, difficile de concevoir que cela puisse entraîner la mort.

Personne, dans l’entourage du chanteur, n’a pensé à rectifier la nouvelle, ce qui a alimenté le scepticisme général. Sa mort ne pouvait qu’être une mise en scène cachant une réalité nettement moins reluisante…

3. Que s’est-il réellement passé le 11 mars ?

Depuis plusieurs semaines, l’applique de la salle de bain de Claude François avait tendance à pencher. Tous les jours, il la redressait et les fils électriques en soie avaient fini par se dénuder. Lorsqu’à 14H30, il prend son bain, il cherche une fois de plus à la remettre d’équerre, mais les fils se touchent.

Résultat : son corps fait masse et l’ampérage le traverse jusqu’aux extrémités. Les enquêteurs de la police judiciaire qui ont examiné la salle de bains ont posé un scellé à l’emplacement de l’applique (référencé "Procès verbal n°1164 du 11.03.1978 " ) qui s’est arrachée quand la compagne du chanteur l’a extrait de la baignoire pour tenter de le sauver. Celle-ci ne doit la vie qu’aux sabots suédois à épaisse semelle de bois qu’elle portait à ce moment-là.

4. Pourquoi cette version est-elle crédible ?

Journaliste, auteur de nombreuses biographies et réalisateur de documentaires pour la télévision, il a retrouvé les témoins du drame : Kathalyn Mann-Jones, la compagne du chanteur, qui vit aujourd’hui à Santa-Barbara, Californie, et Marie-Thérèse Dehaeze, son attachée de presse, elle aussi présente dans l’appartement, car elle l’attendait pour partir aux Buttes-Chaumont où Michel Drucker devait enregistrer ses "Rendez-vous du dimanche".

L’auteur de "La dernière nuit de Claude François" a également retrouvé le pompier qui a prodigué les premiers secours au chanteur, le Major Jacquinot, qui était alors sergent. Son témoignage est formel : à son arrivée, le corps de Claude François était allongé, sans connaissance, entre la salle de bains et la chambre, il avait encore les cheveux mouillés et son index ainsi que son majeur portaient des traces de brûlure, suite au contact avec l’applique, tombée par terre. Pour tenter de le ranimer, le pompier a pratiqué un massage cardiaque : à un moment, le pouls est revenu, avant qu’un œdème pulmonaire ne mette fin à ses espoirs.

Bertrand Tessier révèle également que le lundi précédent la mort du chanteur un électricien était venu réparer l’applique, vers 10 heures du matin. Mais pour accéder à la salle de bains, il fallait passer par sa chambre, or il dormait. L’assistante qui l’accompagnait n’avait pas osé le réveiller car il avait expressément demandé à ne pas être réveillé avant 13 heures. L’avenir appartient décidément à ceux qui se lèvent tôt…

La derniere nuit claude francois 113 Comment est réellement mort Claude François le 11 mars 1978 ? Auteur : Bertrand Tessier

Editeur : L'Archipel

Parution : 7 mars 2012

Prix : 17 euros

 

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