Questions bêtes

James Bond est-il un beauf ?

Affiche promotionnelle pour Opération Tonnerre ayant été refusée. DR
Affiche promotionnelle pour Opération Tonnerre ayant été refusée. DR
Plus raciste que OSS 117 et encore plus obsédé qu’Austin Powers, le James Bond des romans est bien différent de celui des salles obscures. En passant de l’écrit à l’écran, 007 a dû gommer certains de ses excès…

James Bond est bien plus qu’un simple personnage de roman ou de film. C'est d'abord un phénomène littéraire : plus de 200 millions d’exemplaires de ses aventures, traduits dans toutes les langues, se sont écoulés dans le monde.

C'est aussi un poids lourd incontesté du Box-office : Skyfall, qui sort le 24 octobre 2012, sera le 23e volet de la saga (le 25e si l’on inclut Casino Royale avec Woody Allen et Jamais Plus Jamais avec Sean Connery). Soit l’une des franchises les plus rentables du cinéma. L’agent le moins secret de sa profession (ce qui est tout de même le comble pour un espion !) nous est devenu très familier.

Pourtant, le James Bond que nous connaissons via ses multiples interprètes (Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan, et enfin Daniel Craig) est bien différent de la vision qu’en avait Ian Fleming, son créateur.

Alcoolique, antisémite, grossier… Le Bond originel tel que dépeint dans les romans de Fleming fait partie de ces personnes qui gagnent à ne pas être connues.

Rien que pour vos yeux, Quoi.info vous dévoile la face cachée de l’agent 007.

1. James Bond est alcoolique

Avec sa consommation journalière "d’une demi-bouteille d’alcool à 70°", on ne peut pas dire que 007 ménage son foie ! Alcoolique mondain, il boit à longueur de pages.

Dans Au Service Secret de Sa Majesté, et alors qu’il est pourtant en mission, Bond vide son verre pas moins de 46 fois.

La liste de tout ce qu’il boit, au cours de cette seule aventure, aurait donné le tournis à Amy Winehouse elle-même :

- Pouilly-Fuissé
- Riquewihr
- Marsala
- Château Mouton Rothschild 1953 (vin de Bordeaux)
- Taittinger, Krug et Babycham (vins de Champagne)
- 2 doubles Bourbon avec glace, 2 scotch secs, 1 whisky sec, 2 whisky-sodas, du Jack Daniel’s (whisky)
- 4 vodka tonic, 3 doubles vodka-martinis
- 2 double cognacs, du Schnaps, 1 double gin
- bière allemande

Bref, au vu de son probable taux d’alcoolémie, on se demande comment les James Bond Girls osent encore prendre place à côté de lui dans son Aston Martin. Avec 007 derrière le volant, elles risquent moins de tomber sous les balles des hommes du SPECTRE que de finir contre un platane …

2. James Bond est accro à la nicotine

Appliquant à la lettre la théorie évoquée par Serge Gainsbourg, et selon laquelle "l’alcool conserve les fruits, et la fumée la viande", 007 fume à peu près autant qu’il boit…

Selon F. Hache-Bissette, F. Boully et V. Chenille, les auteurs de James Bond : figure mythique (éd. Autrement), Bond grille en moyenne 60 cigarettes par jour. À l’instar de son créateur (qui fumait jusqu’à quatre paquets par jour !), il affectionne tout particulièrement les cigarettes au tabac de Macédoine que confectionnent les établissements Morland, sur Grosvenor Street. Cerclées de trois anneaux d’or, elles affichent un taux de nicotine supérieur aux autres cigarettes.

En clair, 007 a une haleine à découper de la tôle (ses conquêtes féminines doivent avoir l’impression d’embrasser un cendrier !), et frôle la crise d’apoplexie dès qu’il monte plus de trois marches…

3. James Bond, toxico à ses heures

Lorsqu’il est en mission, 007 prend parfois des amphétamines afin de maintenir ses sens en alerte. Par exemple, dans Moonraker, il consomme de la benzédrine arrosée de Champagne avant de disputer une partie de bridge contre le redoutable Hugo Drax.

4. James Bond est un brin homophobe

De son propre aveu, en écrivant ses romans, Ian Fleming s’adressait aux "hétérosexuels à sang chaud". Il précisait même que la cible de ses livres "se situait quelque part entre le plexus et le haut de la cuisse."

Dans Goldfinger (le roman, Ndlr), James Bond qualifie les homosexuels de "troupeau d’inadaptés sexuels malheureux, stériles et pétris de frustrations." Plus loin dans le récit, il ajoute "qu’il n’a pas de temps à perdre avec eux."

5. James Bond est grossier

Dans Casino Royale, 007 fait remarquer au barman qui vient de lui servir une vodka-martini qu’il aurait été préférable d’utiliser de la vodka de grain, et non de pomme de terre. "Mais n’enculons pas les mouches !" se reprend-t-il, en français dans le texte.

6. James Bond est un obsédé sexuel

De Pussy Galore ("Chatte à volonté" dans Goldfinger) à Holly Goodhead ("Sacrée suceuse" dans Moonraker) en passant par Plenty O’Toole ("Abondance Delaqueue" dans Les Diamants sont éternels), la plupart des conquêtes féminines de Bond portent des noms d’actrices porno

7. James Bond, fan de tuning

La preuve ? Son Aston Martin a été complètement "customisée" par Q qui l’a modifiée et truffée d’options impossibles à trouver en série (plaque minéralogique transformable, lance-roquettes intégré au levier de vitesse, siège éjectable, etc.)

Et dans Opération Tonnerre, voici comment Fleming décrit les sentiments que 007 éprouve pour sa voiture : "Elle allait comme le vent, Bond l’aimait plus que toutes les femmes qui avaient traversé sa vie."

8. James Bond est un macho

Dans Casino Royale, Ian Fleming fait dire à son héros que "toutes les femmes aiment être semi violées."

Et interrogé sur les qualités que doit revêtir la femme idéale dans Les Diamants sont éternels, 007 répond qu’elle "doit savoir faire la sauce béarnaise aussi bien que l’amour…"

9. James Bond est raciste

Comme l’a souligné remarquer Umberto Eco dans son essai De Superman au surhomme, Ian Fleming considère que "l’homme anglo-saxon est supérieur aux races orientales ou méditerranéennes."

Rares sont les populations du globe à trouver grâce aux yeux de 007. Dans Bons Baisers De Russie, l’agent secret britannique évoque les Orientaux dont "la poignée de main en peau de banane (…) donne envie de s’essuyer au revers de son veston."

10. James Bond, antisémite

Dans Casino Royale, le Chiffre est présenté comme étant issu "d’un mélange de races méditerranéennes avec des ancêtres prussiens et polonais" mais Bond déduit de "ses petites oreilles au lobe charnu" qu’il doit aussi avoir du sang juif.

Enfin, dans Opération Tonnerre, 007 déplore que "tant de propriétaires de l’avenue d’Iéna aient des noms qui se terminent (…) en ‘’ski’’ ou en ‘’stein’’."

Le James Bond tel que l’avait imaginé Ian Fleming n’a donc pas grand-chose à voir avec la version aseptisée qu’en ont livrée (pour ne citer qu’eux) Roger Moore ou Pierce Brosnan au cinéma.

Seuls Sean Connery et Daniel Craig, par leur approche fruste, cynique et brutale du rôle pourraient se rapprocher de l’alter ego que s’était créé Ian Fleming.

Car comme l’a écrit Francis Lacassin, 007 n’est autre "qu’une projection idéale de son auteur" ; Fleming ayant largement puisé dans sa propre expérience d’agent secret pour façonner ce double fantasmé de lui-même.

Mais le rythme d’écriture effréné (il livre un roman par an !) que s’impose Ian Fleming ("ce travail était trop éprouvant pour un homme qui avait eu un infarctus mais Bond était devenu son obsession (…), son Frankenstein" déplorera sa veuve) aura raison de sa santé.

Fleming meurt le 12 août 1964 avant que ne paraisse L’Homme au pistolet d’or dont il n’aura pas eu le temps de relire les épreuves.

Mais si Bond a tué son créateur, force est de constater qu’il lui a survécu. Jusqu’à devenir un véritable mythe.

James Bond face à son pire ennemi… (Montage-vidéo)

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