La France peut-elle se passer du pétrole iranien ?

Un pétrolier au large de l'Espagne le 15 février 2012. © REUTERS.
Un pétrolier au large de l'Espagne le 15 février 2012. © REUTERS.
L'Iran a décidé de ne plus vendre de pétrole à la France et au Royaume-Uni. Bien que la France ne figure pas parmi les principaux clients de la République islamique, les tensions entre les deux pays ont des conséquences sur le portefeuille des automobilistes.

L’Iran a annoncé dimanche 19 février qu’il cessait les exportations de pétrole brut vers la France et le Royaume-Uni.

Une décision qui, à première vue, peut paraître entièrement symbolique, dans la mesure où l’Union européenne avait déjà décrété un embargo à l’encontre du pétrole de la République islamique, pour punir le pays de poursuivre son programme de recherche nucléaire. Depuis le 23 janvier, les nouveaux contrats dans le secteur pétrolier avec la République islamique sont interdits. Quant aux contrats en cours, ils doivent être annulés d'ici au 1er juillet.

Les Français vont-ils tout de même ressentir d'une façon ou d'une autre le contrecoup de cet arrêt des exportations iraniennes vers l'hexagone ?

1. La France achète peu de pétrole iranien

Quatrième producteur de pétrole au monde, derrière la Russie, l'Arabie saoudite et les États-Unis, l’Iran a exporté en 2011 environ 2,5 millions de barils de brut par jour.

Toutefois, les principaux acheteurs de brut iranien sont de très loin la Chine et l'Inde, qui importent respectivement 550 000 et 310 000 barils par jour de la République islamique. À elle toute seule, l'Asie récupère 70% des exportations iraniennes d'or noir.

La France se situe bien loin derrière les géants asiatiques, avec 58 000 barils iraniens achetés par jour, entre janvier et septembre 2011. Les importations de brut iranien ne représentent qu'environ 3% des besoins français. À la suite des crises pétrolières des années 1970, la France a fait en sorte de diversifier ses approvisionnements, entre Moyen-Orient, Afrique, mer du Nord et Russie, de façon à ne pas être trop vulnérable vis-à-vis du Moyen-Orient.

Au sein de l'Union Européenne, ce sont les pays du Sud qui sont les plus dépendants du pétrole iranien : la Grèce achète 30% de son pétrole à l’Iran, l’Espagne autour de 15%.

2. Des conséquences sur le prix des carburants

Le pétrole se vend et s'achète sur un marché mondialisé, très sensible aux tensions géopolitiques. Bien que les volumes en cause soient minimes, les tensions diplomatiques entre l'Iran, la France et le Royaume-Uni font grimper le prix du baril.

En effet, si les Occidentaux n'achètent plus de pétrole iranien, ils vont en acheter plus auprès d'autres pays producteurs, notamment l'Arabie saoudite. La demande va se concentrer sur un plus petit nombre d'acteurs.

Le 20 février, le prix du baril a touché des sommets qu’il n'avait plus atteints depuis l'été 2011. Le baril de pétrole de la mer du Nord s'échangeait ainsi à plus de 121 $ dans la nuit de dimanche à lundi.

La nervosité du marché se répercute sur le prix des carburants à la pompe. Depuis que l'Union européenne a décrété son embargo sur le brut iranien, le prix du sans-plomb a battu des records en France.

La situation pourrait toutefois être bien plus critique si l'Iran avait recours à son moyen de pression principal : la possibilité de bloquer le détroit d’Ormuz, par lequel transitent quotidiennement 15 millions de barils, c'est-à-dire un tiers du pétrole mondial transporté par bateaux.

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