Marchés financiers : les traders continuent-ils de faire n’importe quoi ?

Un trader de la banque américaine JPMorgan © REUTERS
Un trader de la banque américaine JPMorgan © REUTERS
Un trader français travaillant pour JPMorgan à Londres inquiète les marchés : le volume de ses prises de position atteint 100 milliards de dollars.

Après Jérôme Kerviel et Fabrice Tourre, un nouveau trader français affole les marchés financiers. Ses prises de positions massives sur le marché des CDS, c’est-à-dire les achats ou les ventes qu’il a réalisés sur ce marché, atteindraient 100 milliards de dollars, soit 76 milliards d’euros. Surpris par le volume de ses paris, les courtiers ont surnommé cet opérateur de marché "la baleine de Londres".

A titre de comparaison, le budget du ministère de l’Éducation nationale (le premier poste du budget de l’Etat) était de 60,5 milliards d’euros en 2011. 76 milliards d’euros, c’est aussi près de 10 fois le budget de Paris (ville et département) pour 2012 (7,9 milliards d’euros).

Selon le Wall Street Journal, Bruno Michel Iksil a investi ce montant dans des produits d'assurance, les Credit default swap (CDS), qui sont des contrats de protection financière destinés à se protéger d'un éventuel défaut de paiement d'une institution.

Le trader s’est récemment mis à vendre ces CDS. Or, en cas de faillite de l'institution concernée, celui qui a vendu le CDS doit verser une certaine somme à l'acheteur. En vendant ses CDS, le trader fait donc un pari optimiste, puisqu'il estime qu'il n'aura pas à verser de prime aux acheteurs.

Les volumes concernés étaient tellement importants que "récemment, en partie à cause de mouvements de marchés ayant pu résulter des opérations de Bruno Michel Iksil, d'autres fonds spéculatifs et autres investisseurs ont fait des paris opposés" et misent donc sur une faillite des institutions concernées, ajoute le Wall Street Journal.

Les prises de position massives du trader sur les CDS font également polémique car ces produits financiers complexes et risqués ont été pointés du doigt comme l’une des causes principales de la crise du crédit de 2008.

En outre, en octobre dernier, l’Union européenne a interdit la spéculation (par le biais des CDS dits « à nus ») sur la dette souveraine des États. Mais on ignore, pour l’heure, sur quelles institutions, entreprises ou pays, portent les CDS concernés.

Selon le Wall Street Journal, Bruno Michel Iksil a fait gagner 100 millions de dollars par an à sa banque ces dernières années.

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