C’est quoi, les « eurobonds » ?

Angela Merkel et Fraçois Hollande lors du sommet informel à Bruxelles le 23 mai 2012. © REUTERS
Angela Merkel et Fraçois Hollande lors du sommet informel à Bruxelles le 23 mai 2012. © REUTERS
Angela Merkel a déclaré mardi aux députés de sa coalition qu'elle s'opposerait aux eurobonds aussi longtemps qu'elle vivrait.

Pour ou contre les euro-obligations, ou eurobonds ? Pour se prononcer sur ce sujet, encore faut-il comprendre ce que sont ces petites bêtes...

Aujourd’hui, chaque pays européen emprunte individuellement pour financer ses déficits et sa dette. Chaque semaine, l’Allemagne, la France, l’Italie, émettent des obligations (c’est-à-dire des titres de dette).

Comme la crédibilité financière de chaque pays varie, les taux exigés par les investisseurs varient eux aussi. L’Italie emprunte plus cher que la France, qui emprunte plus cher que l’Allemagne…

Lorsqu’un pays n’arrive plus à se financer, l’Europe met en place, avec le soutien du FMI, des prêts exceptionnels. C’est ce qui se passe avec la Grèce. On constate que ces plans font l’objet de négociations longues et complexes et qu’ils ne rassurent pas forcément les marchés.

Les eurobonds seraient des obligations émises en commun, à l'échelle de l'Europe : elles engageraient tous les pays de la zone euro.

Le taux d'intérêt versé aux acquéreurs de ces obligations correspondrait à la moyenne des taux des États émetteurs, pondérée par l'importance économique de chacun d'entre eux.

La création d’eurobonds permettrait ainsi de créer une solidarité financière entre tous les pays européens et d'afficher l’unité de l’Europe face aux éventuelles attaques spéculatives contre tel ou tel pays. Les pays les plus fragiles pourraient ainsi profiter de la solidité des autres. En contrepartie, ils seraient tenus par des engagements très précis en termes de finances publiques. Leur création constituerait donc un pas vers une Europe plus fédérale.

François Hollande est favorable à ce système. "Ça peut être l'occasion de mutualiser non pas une dette passée mais une dette future pour permettre à des États qui aujourd'hui empruntent à des taux d'intérêt de 6 % de pouvoir accéder plus facilement aux marchés", a expliqué le président français. À l'inverse, la chancelière Angela Merkel a beaucoup répété que les euro-obligations ne feraient qu'aggraver la crise.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a remis lundi 25 juin une feuille de route sur l’avenir l'Union économique et monétaire, en vue du Sommet des chefs d'États européens jeudi et vendredi à Bruxelles.

Il écrit : "Les étapes vers l'introduction d'euro-obligations pourraient être envisagées, aussi longtemps qu'un cadre robuste de discipline budgétaire et de compétitivité est en place pour éviter l'aléa moral et renforcer la responsabilité et le respect des règles". Pour l'instant, ce document n'est encore qu'un texte général d'orientation sans délai, ni étape.

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