Les calanques de Marseille sont-elles sauvées ?

Calanques de Marseilles, Image FlickR CC license by Niall62
Calanques de Marseilles, Image FlickR CC license by Niall62
Après des années de débat, le parc national des calanques de Marseille voit enfin le jour. Mais il ne fait pas l'unanimité.

Après une douzaine d'années de travaux préparatoires, et de longs débats houleux, le parc national des Calanques, à Marseille, est officiellement créé. Mercredi 18 avril, le Premier ministre François Fillon a signé le décret de création du dixième parc national français.

Son objectif : protéger un site exceptionnel, terrestre et marin, soumis à de multiples menaces (pollution, incendie, trop grande fréquentation...). Cela veut dire qu'une zone entourant les calanques de Marseille est désormais protégée afin de préserver sa biodiversité.

1. Près d'un siècle entre l'idée et le décret

L'idée de créer un parc national date des années 1910-1920, quand les habitants s'étaient élevés contre l'extension d'une carrière.

Mais ce n'est qu'en 1999 qu'un Groupement d'intérêt public (GIP) est créé. Dix ans plus tard, un arrêté ouvre officiellement la concertation. 300 réunions s'enchaînent, donnant lieu ensuite à une enquête publique. Enfin, en 2012, une charte finale est rédigée.

2. 150 000 hectares strictement encadrés

Le nouveau parc s'étend sur plus de 150 000 hectares, dont 141 500 en mer.

51 800 hectares constituent le "cœur de parc" (43 500 en mer). Ils englobent les sites fétiches des randonneurs et des grimpeurs Sormiou, Morgiou, Port-Pin, En-Vau, et Port-Miou.

Son accès ne sera pas payant. Il regroupe près de 140 espèces protégées, animales et végétales, ainsi que 90 sites archéologiques.

Les 106 300 hectares adjacents constituent une aire de libre adhésion. Cet espace de partenariat entre les communes volontaires et le parc doit favoriser les projets de développement durable.

En mer, des zones de "non pêche" seront définies, sur 10,5% du "cœur de parc", les jet-skis seront proscrits, et la visite en bateau se fera sans messages diffusés par haut parleur.

Sur terre, la chasse sera autorisée, mais avec un arrêt progressif des lâchers de tirs. Les randonneurs devront rester sur les sentiers balisés, les pratiques sportives extrêmes seront bannies, ainsi que le bivouac ou l'éclairage artificiel.

3. Les écologistes et les professionnels des lieux sceptiques

Des mesures trop timides, pour les militants écologistes. Aucune décision n'a été envisagée, par exemple, pour empêcher la pollution en mer causée par les égouts de Marseille. L'eau des égouts s'est en effet transformée en rejet de boues rouges à La Ciotat, en plein cœur du parc...

D'autres craignent aussi les projets immobiliers qui risquent, selon eux, de fleurir aux portes du parc.

De leur côté, les pêcheurs, cabanoniers, chasseurs, plongeurs, plaisanciers ou grimpeurs craignent de perdent leur liberté et redoutent une invasion de touristes. Le Parc national espère en effet attirer deux millions de visiteurs par an.

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