Anders Breivik est-il responsable pénalement?

Une fois ses menottes ôtées à l'ouverture de son procès le 16 avril 2012, Anders Behring Breivik a fait un salut d'extrême-droite. © REUTERS
Une fois ses menottes ôtées à l'ouverture de son procès le 16 avril 2012, Anders Behring Breivik a fait un salut d'extrême-droite. © REUTERS
Ce lundi s'ouvre le procès de l'auteur de la tuerie d'Oslo (77 morts) l'été dernier. Sa santé mentale et donc sa responsabilité pénale seront au cœur des débats.

Ce lundi 16 avril s'ouvre le procès d'Anders Behring Breivik. Le 22 juillet 2011, il faisait exploser une bombe près du siège du gouvernement d'Oslo (Norvège), et ouvrait le feu sur de jeunes travaillistes réunis en camp d'été sur une petite ile. En l'espace de quelques heures, il tuera 77 personnes. 

Une fois arrêté, l'homme de 33 ans reconnaît les faits, mais conteste la qualification criminelle de ses actes et a plaidé "non coupable". Il explique avoir agi par "légitime défense" contre "des traîtres à la patrie" responsables, selon lui, de brader la société norvégienne à l'islam et au multiculturalisme. La double tuerie était "atroce, mais nécessaire" juge-t-il.

1. S'il est fou, il est irresponsable pénalement

Tout l'enjeu de son procès repose sur sa responsabilité pénale. S'il est considéré comme un malade psychiatrique, Anders Behring Breivik ne sera pas responsable pénalement. Si, au contraire, les experts pensent qu'il ne souffre d'aucune psychose, il sera bien jugé et condamné.

Durant l'audience, les avocats de Breivik chercheront à démontrer que l'idéologie de leur client n'est pas démentielle, car leur client refuse d'être considéré comme un fou. Ils chercheront au contraire à prouver que l'idéologie selon laquelle islam et Occident seraient en guerre, est partagée par d'autres personnes, considérées comme saines d'esprit.

Un mollah fondamentaliste, un blogueur extrémiste, d'anciens élus d'un parti populiste, et le chef de l'organisation "Stoppez l'islamisation de la Norvège" ou encore de la Norwegian Defence League devraient témoigner.

2. Irresponsable pénalement ne veut pas dire libre

Le 30 novembre 2011, des experts psychiatres avaient estimé que le meurtrier n'était pas responsable pénalement. Selon eux, Breivik souffrait d'une "schizophrénie paranoïaque" au moment des faits. Ne pas être responsable pénalement signifie qu'il n'y a pas de jugement au pénal : le prévenu n'est ni innocenté, ni condamné. Il échappe donc à la prison. En revanche, sur décision administrative, il peut être interné d'office en hôpital psychiatrique.

Mais le 10 avril dernier, une contre-expertise avait soutenu qu'il était bien responsable pénalement. Breivik n'aurait pas souffert d'une psychose au moment des faits.

Les juges devront donc trancher entre les deux avis et déterminer si Breivik doit aller en prison ou à l'asile.  Le procès devrait durer dix semaines.

Breivik encourt une peine maximale de 21 ans de prison, qui pourra être prolongée tous les cinq ans tant qu'il représentera une menace pour la société.

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