Toulouse et Montauban : le tueur improvise de plus en plus ses crimes

Le tueur de Toulouse et Montauban est-il vraiment aussi méthodique que la répétition de ses crimes l'a d'abord laissé envisager ? A bien y regarder, il semble s'affranchir de toute précaution et improviser largement ses actes.

Le tueur de Montauban et Toulouse pèche-t-il par excès de confiance ? Le mode opératoire de ses meurtres laisse une part de plus en plus grande à l'improvisation. Un crescendo où le sentiment de toute puissance semble le disputer à une certaine indifférence quant à son propre sort : arrestation ou neutralisation.

Ainsi, s'il a repéré puis appâté grâce à internet sa première victime, le jeune soldat de Toulouse qui souhaitait vendre sa moto, le tueur a fait preuve de moins de préparation lors des épisodes criminels suivants.

A Montauban, d'abord : l'assassin est certes en embuscade devant la caserne, mais c'est au dernier moment qu'il jette son dévolu sur les trois soldats qui se rendent au distributeur de billets. La préméditation cède le pas à l'improvisation. Le criminel ne pouvait savoir que les militaires se dirigeraient vers l'automate de la banque.

L'arme utilisée est la même que celle qui a servi lors du premier meurtre : un 11,43. Le tueur se moque qu'un lien puisse être fait entre les deux affaires. Peut-être même le souhaite-t-il...

Le nombre de projectiles tirés à Montauban témoigne également d'une certaine précipitation dans l'action. Dix-sept étuis ont été retrouvés par les policiers alors que le tueur a ouvert le feu à un mètre à peine de ses victimes. Un professionnel, agissant de façon plus posée, en aurait utilisé moins de la moitié.

A Toulouse, devant l'école juive, c'est la nature de l'arme qui renseigne sur l'intention. Le pistolet mitrailleur UZI, arme de poing relativement imprécise, mais à cadence de tir élevée, indique la volonté de tuer le plus grand nombre possible de personnes.

Certes, Il y a eu repérage de l'école et vraisemblablement des horaires. Mais  le tueur ne s’embarrasse plus d'un quelconque ciblage : il tue tous ceux qui ont le malheur d'être sur son chemin.

Enfin, il y a le scooter Yamaha Tmax. Un engin déclaré volé le 6 mars et utilisé à deux reprises au moins (peut-être trois dans l'hypothèse où il aurait été repeint en blanc). Le tueur est à la merci du moindre contrôle routier, puisqu'il s'agit d'un engin volé le 6 mars et signalé comme tel. Pourtant il en accepte le risque. Comme si chaque nouvelle  étape de sa sanglante randonnée l'incitait à prendre de moins en moins de précautions.Infog indices 2 Toulouse et Montauban : le tueur improvise de plus en plus ses crimes

Partager cet article

Comment a été fabriqué cet article ?

Ils ont contribué à la rédaction de la réponse

Les ressources

Ils ont amélioré la réponse