Dépeceur de Montréal : comment la police l’a-t-elle retrouvé ?

Luka Rocco Magnotta a été vu pour la dernière fois à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis © Police de Montréal
Luka Rocco Magnotta a été vu pour la dernière fois à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis © Police de Montréal
Caméras de surveillance, témoignages, téléphone mobile... Comment la police a-t-elle reconstitué l’itinéraire de Luka Rocco Magnotta ?

La traque de Luka Rocca Magnotta, ce Canadien soupçonné d’avoir tué et dépecé un homme à Montréal, avant de prendre l'avion pour la France, puis un car pour l'Allemagne, a été fructueuse. Le tueur présumé, en fuite depuis le vendredi 26 mai, a été arrêté à Berlin, ce lundi.

La Brigade nationale de recherche des fugitifs de la police judiciaire française était chargée de remonter la trace du tueur présumé depuis l’émission d’un avis de recherche par Interpol. Ces derniers jours, les recherches se sont concentrées sur la région parisienne où le suspect a été localisé à plusieurs reprises. Elles se sont ensuite dirigées vers Berlin, où le suspect se serait rendu en autocar depuis la gare routière internationale de Gallieni, à Bagnolet. Une gare proche de l'hôtel où il avait séjourné avant de quitter l'hexagone.

Voici les éléments qui ont aidé les enquêteurs à retracer son itinéraire la semaine dernière :

  • Les caméras de surveillance :

Les policiers ont consulté à plusieurs reprises des images filmées par des caméras de surveillance. Des vidéos du flux des passagers ont permis de confirmer la présence du suspect à l’aéroport de Roissy vendredi 26 mai. Une semaine plus tard, les agents ont regardé les images de vidéosurveillance d’un bar du XVIIe arrondissement où le suspect aurait pris un verre.

Enfin, les enquêteurs ont étudié les bandes des caméras de la gare routière internationale de Gallieni, à Bagnolet (Seine-Sainte-Denis). C'est vraisemblablement grâce à ces images qu'ils ont découvert que le suspect avait quitté la France pour Berlin, en Allemagne, en car.

  • La localisation du téléphone portable :

Le téléphone portable du suspect a été repéré la semaine dernière par plusieurs bornes relais dans le quartier de Bastille, à Paris.

  • Les témoignages :

Plusieurs témoignages ont aidé la police dans ses recherches. Un homme résidant à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) a indiqué à la police avoir hébergé le suspect à son arrivée à Paris. Les deux hommes seraient entrés en contact sur Internet.

Grâce à divers témoignages d'hôteliers et de commerçants, les enquêteurs ont pu établir que Luka Rocco Magnotta a dormi dans un hôtel du 17e arrondissement, dans le quartier des Batignolles, la semaine dernière. Le suspect aurait ensuite séjourné dans un hôtel de Bagnolet (en Seine-Saint-Denis). C’est à cet endroit que les policiers ont perdu sa trace.

Ces derniers jours, la police a reçu des centaines d’appels d’individus déclarant avoir croisé le suspect à divers endroits. Les vérifier un par un prend du temps.

  • Les empreintes digitales :

Selon un témoin anonyme, la police technique et scientifique a placé sous scellés la bouteille de Coca vide que le tueur présumé aurait bu dans un bar vendredi. Les enquêteurs ont ensuite retrouvé des affaires de Luka Rocco Magnotta dans sa chambre d’hôtel à Bagnolet. Il s’agirait notamment de revues pornographiques et des sacs vomitoires de la compagnie aérienne empruntée il y a dix jours par le suspect entre le Canada et la France.

  • Les contrôles renforcés dans les gares et les aéroports :

Les policiers multiplient les contrôles dans les gares et les aéroports pour prévenir la fuite du suspect. Une attention particulière est portée à la gare routière internationale Gallieni qui se trouve à proximité de l’hôtel de Bagnolet où Luka Rocco Magnotta a dormi.

  • L’enquête sur ses précédents voyages en France :

Le tueur présumé a déjà séjourné en France. En témoignent de nombreuses photos de lui sur internet posant devant la Tour Eiffel ou le Moulin Rouge. Les policiers enquêtent sur ses habitudes lors de sa, ou ses, précédentes visites en France, car il pourrait y avoir noué des contacts.

Le fugitif s’était vanté à plusieurs reprises sur des blogs de "pouvoir disparaître et n’être jamais retrouvé". Son arrestation lundi à Berlin est venue prouver le contraire.

Partager cet article

Comment a été fabriqué cet article ?

Ils ont contribué à la rédaction de la réponse

Les ressources

Ils ont amélioré la réponse