Les francs-maçons font plancher les candidats à la présidentielle

Sept candidats à la présidentielle ont évoqué dans le temple du Grand Orient de France les questions de république, de laïcité et de solidarité. © REUTERS.
Sept candidats à la présidentielle ont évoqué dans le temple du Grand Orient de France les questions de république, de laïcité et de solidarité. © REUTERS.
Le Grand Orient de France diffuse sur son site les vidéos d'entretiens entre des francs-maçons de différentes obédiences et sept des candidats à l’Élysée.

Alors que la franc-maçonnerie fait régulièrement la couverture des hebdomadaires, qui s'interrogent sur l'influence des maçons dans la sphère politique, un collectif de loges a invité certains candidats à l'élection présidentielle à venir parler des grands principes qui fondent République, chacun à leur tour.

Sept candidats se sont soumis à cet exercice, au cours des dernières semaines : François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin (qui s'est depuis retiré de la course) et Dominique de Villepin. Nicolas Sarkozy n'était alors pas officiellement candidat. Quant à Marine Le Pen, elle n'a pas été invitée.

Ces rencontres étaient organisées dans le temple du Grand Orient de France, situé dans le 9e arrondissement de la capitale. Leur contenu a été rendu public le 29 février : l'intégralité des débats est publié sous forme de livre (Grands échanges 2012 : débats des loges avec des candidats à l'élection présidentielle) et les vidéos des entretiens peuvent être visionnées en ligne. Petit panorama sélectif des déclarations des candidats.

  • Les grands principes au menu

Le Grand Maître du Grand Orient de France, Guy Arcizet explique l'organisation de ces rencontres par la volonté de "ramener le débat au niveau où nous pensons qu’il doit être", regrettant le "simplisme du débat actuel". Il souligne la nécessité pour les responsables politiques de "penser la société" avant de faire des choix conjoncturels ou de se lancer dans la confection d’un patchwork de décisions.

Les débats portaient donc sur des thèmes surplombant l'action publique : la démocratie, la laïcité, la solidarité sociale, la citoyenneté, l’environnement, la dignité humaine et les droits de l’homme.

  • Démocratie, citoyenneté, séparation des pouvoirs...

Très à l’aise quand il s'agit de jongler avec les grands principes, Dominique de Villepin a estimé que la France souffrait de la disparition de "l’esprit de progrès" et de la "confiance dans l’avenir" et payait la rançon de "principes républicains dévoyés". Le candidat de République solidaire souhaite "réactualiser" les devoirs du citoyen, en rendant le vote obligatoire et en créant un service citoyen obligatoire.

Dans le même ordre d'idées, François Bayrou a déploré que nous vivions "en défaut de transmission civique" et dénoncé la transformation du citoyen en consommateur et l’idée que "tout est communication" .

François Hollande a estimé ne pas trouver souhaitable que le président de la République "décide de tout, sur tout, partout", évoqué sa volonté de renforcer le droit d'initiative du parlement et la décentralisation.

Nicolas Dupont-Aignan veut quant à lui revenir à une "vraie séparation des pouvoirs", notamment entre pouvoirs politiques et médiatiques et politiques et économiques. "La séparation des pouvoirs, c’est aussi s’extraire de cette organisation illégitime qu’est devenue l’Union européenne", a ajouté le candidat souverainiste.

  • Environnement

Jean-Luc Mélenchon, le seul des candidats présents à avoir révélé son appartenance à la franc-maçonnerie, au sein du Grand Orient de France, a défendu la planification écologique de l'économie et la sanction des "mésusages", - entendez l'usage abusif ou détourné de quelque chose - préconisant par exemple d'expulser les entreprises privées de la gestion de l'eau pour les remplacer par des régies publiques.

Sur ce sujet qui constitue le cœur de l'engagement de son parti, Eva Joly a notamment appelé à "sortir de cette civilisation folle du jetable, réapprendre à réparer".

  • Laïcité

La même Eva Joly a déploré que cette valeur, qui doit rester "intangible", soit utilisée par l'extrême droite comme une arme contre les musulmans. Elle a cependant regretté qu'au nom de la laïcité "on se prive d'outils pour agir", comme les statistiques ethniques.

François Bayrou s'est présenté comme "un laïc militant et un homme de foi religieuse". Il a dit vouloir être attentif à ce que la question de la laïcité ne soit pas seulement posée à l'égard des musulmans. Sur la question des prières de rue, il a souligné qu'il suffisait d'appliquer la loi de 1905 et sa jurisprudence, donnant aux maires le pouvoir d’accepter ou non ce type de manifestation publique.

Vous pouvez retrouver toutes les prises de position des candidats ici.

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