Présidentielle : que risquez-vous si vous donnez les résultats avant 20 h ?

François Hollande, François Bayrou, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy © Reuters
François Hollande, François Bayrou, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy © Reuters
La Commission des sondages a annoncé qu’elle rendrait public vendredi un dispositif pour limiter les fuites des résultats avant 20 heures.

Les médias français ont l’interdiction de donner la moindre estimation avant 20 heures dimanche, heure de la fermeture des derniers bureaux de vote. Pourtant, certains d'entre eux ont annoncé qu'ils envisageaient de ne pas respecter cet embargo, qui ne s'applique pas à l'étranger.

Les sondages d’opinion en rapport direct ou indirect avec l’élection présidentielle ne peuvent plus être publiés, diffusés ou commentés "la veille et le jour de chaque tour de scrutin" avant 20 heures, dit la loi. Ceux qui ne respecteraient pas cette interdiction encourent une sanction maximale de 75 000 €.

Cette loi vise à protéger "la sincérité du scrutin". Une crainte bien réelle qui aurait  pu se concrétiser en 2002. On peut imaginer que si les électeurs des grandes villes avaient appris à 18h que Lionel Jospin risquait d’être éliminé dès le premier tour, une partie des abstentionnistes se seraient précipités vers les urnes.

1. Une interdiction qui n'est pas respectée par tous

Mais cette loi devient de plus en plus difficile à appliquer car les médias étrangers échappent à cette interdiction. Ainsi, dès 18h30 (après la fermeture de la majorité des bureaux de vote), les médias suisses et belges peuvent donner les résultats. Cette année, la Radio-télé francophone publique belge (RTBF) diffusera les résultats des sondages "sorties des urnes" lors d’une émission spéciale élection de 18h30 à 20h30.

Un journaliste de la RTBF, chargé de la coordination de l’information, détaille le dispositif prévu pour les deux tours :

"Comme la Belgique n’a pas de devoir de réserve, nous n’allons pas nous priver de donner les estimations dès que nous les aurons. Nous prendrons l’antenne à la radio et à la télévision dès 18h, en duplex avec nos reporters à Paris et Bruxelles, pour annoncer les premiers résultats. Ces programmes seront également diffusés en direct sur notre site".

2. Et vous, que risquez-vous si vous vendez la mèche ?

Quid des réseaux sociaux et de Twitter ? "Envoyer un tweet ou publier un message sur Facebook tombe sous le coup de la loi. Cela n’a rien à voir avec un SMS", indique le secrétaire général de la commission des sondages dans le JDD.

Une "cellule de veille d'une dizaine d'agents" sera mise en place les jours de scrutin pour surveiller les utilisateurs des réseaux sociaux. "En cas d'infraction, la Commission ne pourra pas intervenir pour suspendre un compte Twitter mais elle saisira le juge pénal", précise le rapporteur général de la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale de l'élection présidentielle sur France-Soir.

Dans les faits, poursuivre tous les internautes qui diffuseront les résultats sur les réseaux sociaux n'est pas possible. D’autant qu’on peut se contenter d’envoyer un lien vers les sites belges ou suisses sans écrire soi-même d’information répréhensible.

Et puis l'on peut toujours relayer l’information sous forme codée. Quel tribunal poursuivrait l’internaute qui écrirait  "le petit nerveux est en tête" ou "les roses dominent les bleus, les verts sont dans les choux" ? Hilarité garantie à l'audience.

Seule solution envisageable : ne commencer le dépouillement qu'après 20h, heure de la fermeture des derniers bureaux de vote, ceux des grandes villes. Et non pas débuter le dépouillement dès 18h, heure à laquelle le scrutin se termine dans les plus petites villes.

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