Débats de l’entre-deux tours : les petites phrases qui ont fait mouche

"Vous n'avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du coeur", lance VGE lors du débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle de 1974. Capture d'écran d'une vidéo de l'INA.fr
"Vous n'avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du coeur", lance VGE lors du débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle de 1974. Capture d'écran d'une vidéo de l'INA.fr
De VGE à Sarkozy, en passant par Mitterrand et Chirac, florilège des "petites phrases" qui ont marqué les débats télévisés du second tour aux présidentielles de la Ve République.

Ce mercredi soir aura lieu le fameux débat de l'entre-deux tours entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. C'est en effet ce traditionnel face à face qui peut faire basculer l'opinion. À condition, bien-sûr, de trouver la petite phrase qui marquera les esprits....

Florilège de "petites phrases" de candidats à la présidentielle, sous la Ve République, qui sont restées célèbres.

1. 1974. VGE à Mitterrand: "Vous n'avez pas le monopole du cœur"

C'est la grande nouveauté de ce scrutin. Pour la première fois, les deux candidats du second tour de la présidentielle acceptent de s'affronter dans un duel télévisé en direct, comme aux États-Unis.

Ce débat restera fameux pour la réplique du candidat centriste, Valéry Giscard d'Estaing, à son opposant socialiste François Mitterrand :

"Je trouve toujours choquant et blessant de s'arroger le monopole du coeur. Vous n'avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur. J'ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien et ne parlez pas aux Français de cette façon si blessante pour les autres...".

2. 1981. Mitterrand à VGE : "Vous êtes l'homme du passif"

A la veille du second tour de l'élection présidentielle de 1981, Valéry Giscard d'Estaing (UDF) est à nouveau confronté à son rival François Mitterrand (PS). On sait qui finira par devenir locataire de l'Élysée.

Pourtant, au premier tour, c'est le candidat UDF qui était en tête, avec 28,32% des suffrages contre 25,85% des suffrages pour le candidat du PS.

La fameuse pique de François Mitterrand à son rival, pendant le débat de l'entre deux tours l'a-t-elle aidé à faire basculer l'opinion en sa faveur ?

"Vous ne voulez pas parler du passé, je comprends bien, naturellement et vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a 7 ans 'l'homme du passé'. C'est quand même ennuyeux que dans l'intervalle vous soyez devenu l'homme du passif".

3. 1988. Mitterrand à Chirac : "Vous avez tout à fait raison, M. le Premier ministre"

Lors du débat télévisé du second tour, Jacques Chirac (RPR), rappelle à François Mitterrand : "Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats... vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand."

Réponse dédaigneuse du président-candidat: "Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre".

4. 1995. Jospin à Chirac : "Mieux vaut 5 ans avec Jospin que 7 ans avec Chirac"

Le face à face animé par Alain Duhamel et Guillaume Durand ne passionne pas vraiment les Français: il attire quasiment deux fois moins de téléspectateurs que lors des précédentes présidentielles. Les deux candidats s'étaient entendus pour éviter les petites phrases assassines...

Lionel Jospin s'est toutefois autorisé une petite boutade, qui fera rire -jaune- son adversaire : "Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac", en allusion à la réforme du quinquennat.

5. 2002. Chirac refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen

Pour la première fois depuis 1974, il n'y aura pas de duel télévisé entre les deux vainqueurs du premier tour.

Résultat inédit dans l'histoire de la Ve République: Jean-Marie Le Pen, candidat du Front national, a réussi à se qualifier pour le second tour de la présidentielle. Ayant recueilli 17% des voix, il suit de près Jacques Chirac (20% des voix) et élimine le candidat du PS Lionel Jospin (16%).

"Je ne peux pas accepter la banalisation de l'intolérance et de la haine", déclare Jacques Chirac à l'issue du premier tour, refusant ainsi de débattre avec son adversaire. Aussitôt, le candidat du Front national, dénonce une "piteuse dégonflade".

6. 2007. "Pour être président de la République, il faut savoir garder son calme"

En 2007, les deux aspirants à l'Élysée n'ont pas ménagé leurs mots. Ségolène Royal, accrocheuse interrompait régulièrement son adversaire, Nicolas Sarkozy, plus posé.

À un moment donné du débat (à 6 minutes dans la vidéo), la candidate du PS l'interpelle : "Les femmes vont aller devant le tribunal pour demander une place de crèche ? Soyez sérieux !". Son rival lui rétorque: "Vous n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante".

Mais le point culminant du débat reste l'emportement de Ségolène Royal, suite à une demande de calme de Nicolas Sarkozy :" Non je ne me calmerai pas. Je ne me calmerai pas. Je ne me calmerai pas."

" - Pour être président de la République, il faut être calme.(...) Il faut savoir garder son calme et ses nerfs", s'est contenté de répondre, détendu, Nicolas Sarkozy.

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