Valérie Trierweiler, Première dame indépendante ou embarrassante ?

François Hollande et sa compagne, Valérie Trierweiler, lors de la célébration de sa victoire à la Bastille (Paris), le 6 mai 2012. © REUTERS
François Hollande et sa compagne, Valérie Trierweiler, lors de la célébration de sa victoire à la Bastille (Paris), le 6 mai 2012. © REUTERS
La "Première dame" vient de créer une polémique en affichant sur Twitter son soutien à l'adversaire de Ségolène Royal en Charentes-Maritimes.

En moins de 140 caractères, la nouvelle Première dame vient de déclencher une véritable polémique. Sur le réseau social Twitter, elle a publiquement affiché son soutien au dissident socialiste Olivier Falorni, adversaire de Ségolène Royal (PS) en Charentes Maritimes pour le second tour des législatives.

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Or, François Hollande avait clairement appuyé la candidature de son ex-compagne. Le message de Valérie Trierweiler est donc très embarrassant pour le PS, le gouvernement et le président de la République...

Hissée au rang de Première dame après l’élection de son compagnon François Hollande à la présidence de la République, Valérie Trierweiler confie à l'AFP : "Vous voyez ce film dans lequel le téléspectateur rentre et devient acteur, c'est un peu la même sensation."

Dans une interview accordée au Times, début mai, la compagne de François Hollande précise sa conception du rôle de Première dame "représenter l’image de la France" sans être pour autant "une potiche".

"Première dame, c’est un second rôle", a déclaré la journaliste politique de 47 ans au quotidien britannique. Son modèle ? Danielle Mitterrand, "entre le dévouement et l’engagement".

"Je n’ai pas grandi dans le luxe, mais je ne suis pas Cosette"

Née en 1965, cinquième d’une famille de six enfants, Valérie Massonneau –c’est son nom de jeune-fille- grandit dans une maison HLM d’un quartier populaire d’Angers. Son père, fils de banquier, perd une jambe à l’âge de 12 ans après l'explosion d'une mine en 1944. Il meurt quand Valérie a 21 ans. Sa mère devient alors hôtesse d’accueil à la patinoire d’Angers.

"Je n’ai pas grandi dans le luxe, mais je ne suis pas Cosette non plus ! (…) En fait, je suis née dans une famille qui n’avait pas beaucoup d’argent", explique-t-elle.

À 18 ans, son bac littéraire en poche, elle part faire ses études à la Sorbonne, à Paris. En 1988, après un DESS en sciences politiques, elle décroche un premier job à la revue Profession Politique.

Un an plus tard, elle rejoint l’équipe de Paris Match, ou elle rencontre Denis Trierweiler, collaborateur occasionnel du magazine et traducteur de philosophes allemands. Avec lui, elle a trois garçons, aujourd’hui adolescents. Après son divorce avec Denis, elle décide de garder le patronyme de celui-ci.

Journaliste politique… et compagne d’un homme politique

Chargée de suivre l’actualité du Parti Socialiste, c’est par ce biais qu'elle rencontre François Hollande, qui en est le premier secrétaire de 1997 à 2008.

Leur liaison commence en 2005, mais ce n'est qu'en 2006-2007, que leur histoire prend un autre tournant. La situation est délicate : Valérie est toujours mariée à Denis Trierweiler, et François Hollande partage toujours la vie de Ségolène Royal, qui s'apprête à se lancer dans la course présidentielle.

En 2007, elle se tourne vers la télévision. Elle intègre l’équipe de la chaîne Direct 8, où elle présente successivement les émissions politiques Le grand 8, Politiquement parlant et 2012, portraits de campagne. Elle continue néanmoins de collaborer à Paris Match.

2010 : le début de la "peopolisation"

Ce n’est qu’en octobre 2010 que François Hollande choisit d’officialiser leur relation, dans les pages du magazine Gala. Dans l’article, il la présente comme "la femme de sa vie".

Le mardi 4 octobre 2011, le magazine L’Express révèle qu'elle aurait été l’objet, début 2011, d’une enquête de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. Une affaire d’espionnage certainement liée à sa relation avec François Hollande. "Très choquée", elle n'exclut pas de porter plainte.

Après la primaire socialiste, en octobre 2011, afin de prévenir tout conflit d'intérêt, elle troque son émission politique sur Direct 8 pour une autre, consacrée à des portraits d'artistes, Itinéraires. Ce qui n’empêche pas Nicolas Sarkozy, alors candidat à sa propre succession en février 2012, de viser la journaliste dans une interview à RTL.

"Quel choc de se découvrir à la Une de son propre journal. Colère de découvrir l'utilisation de photos sans mon accord ni même être prévenue", s'indigne-t-elle le 8 mars 2012 sur Twitter. Ce jour-là, son employeur, Paris Match, publiait un dossier intitulé : "L'atout charme de François Hollande, Naissance de leur amour. Récit". En novembre 2011, elle s'était mis d'accord avec ses employeurs pour ne plus "participer à la vie collective de la rédaction", le temps de la campagne de 2012.

En avril 2012, elle doit aussi subir les moqueries du député UMP Lionnel Luca, qui la surnomme "Valérie Rottweiler", en référence à la race de chien féroce.

Une femme "indépendante"

D’autres lui reprochent de n’être toujours pas mariée à François Hollande…une première pour un couple présidentiel en France. "Je ne suis pas sûre que cela pose tant (de problèmes) que ça. Peut-être pour une visite chez le Pape", rétorque-t-elle à l'AFP. Pour François Hollande, si mariage il y a, ce ne sera pas pour le protocole.

Une chose est sûre : Valérie Trierweiler ne compte pas abandonner son métier de journaliste : "J’ai besoin de gagner ma vie, d’avoir mon indépendance. J’élève mes trois enfants et ne trouverais pas normal que ce soit l’État ou François qui les prennent en charge". Invitée sur le plateau du Grand Journal, elle avait déjà déclaré : "Je mourrai journaliste".

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