Grand froid : que faire en cas de gel des canalisations (avant et après) ?

Le robinet est ouvert mais l'eau ne coule plus ? Si le froid est en cause, prenez votre mal en patience et attendez que la température augmente. © cc jeanpierrelavoie via Flickr.
Le robinet est ouvert mais l'eau ne coule plus ? Si le froid est en cause, prenez votre mal en patience et attendez que la température augmente. © cc jeanpierrelavoie via Flickr.
Les températures sibériennes ont soumis à rude épreuve les canalisations. Comment réagir en cas de sinistre et comment se prémunir contre les prochaines vagues de froid ?

La vague de froid polaire qui sévissait en France depuis plus de 15 jours semble enfin s’éloigner, et les températures remontent doucement mais sûrement. Pour autant, le redoux ne signifie pas forcément la fin des galères. Le froid a laissé des séquelles sur les automobiles, mais également sur les logements.

La longue période de gel a en effet mis à mal le réseau de distribution d’eau de plusieurs milliers d’habitations. Parmi les problèmes les plus courants, des canalisations bouchées par des glaçons, des compteurs gelés, des radiateurs cassés ou des pannes de chaudière.

Le dégel doit ramener l’eau dans les foyers qui en étaient privés depuis quelques jours, mais d’autres ennuis peuvent apparaître. Des tuyaux gelés ont pu céder sous la pression de la glace : de sérieuses fuites et inondations risquent de survenir lorsque l’eau dégèle.

1. Comment réagir ?

Le robinet est grand ouvert, mais l’eau ne coule pas. Vous êtes certainement face à un cas de gel de certaines portions de votre circuit de distribution d’eau. Une seule solution : attendre une hausse des températures pour que l’eau redevienne liquide, surtout si les circuits passent à l’intérieur des cloisons et sont inaccessibles.

Lorsque les canalisations sont à l’air libre, les moins patients peuvent toutefois s’armer d’un sèche-cheveux pour réchauffer les tuyaux qu’ils ont clairement identifiés comme gelés. Les plombiers préconisent également l’utilisation de linges mouillés à l’eau chaude à poser sur les canalisations.

En raison des risques d’incendie, interdiction en revanche de rétablir la situation à l’aide d’une flamme : les chalumeaux restent donc dans le placard.

Une fois parvenu à précipiter le dégel de vos tuyaux, et si la période de froid se prolonge, vous pouvez laisser couler en permanence un mince filet d’eau dans votre évier. L’astuce n’est certes pas très écologique, mais elle permet éventuellement de réaliser des économies : l’augmentation de votre facture d’eau sera dérisoire en comparaison des frais de réparation engendrés par le gel des conduites.

Autre réflexe à adopter : couper l’eau pour éviter toute fuite ou inondation au moment du dégel.

Mais même dans ce cas, il est conseillé de vérifier après une période de gel l’étanchéité des circuits. La démarche est simple : le soir, fermez tous vos robinets et relevez le chiffre indiqué par votre compteur. Au réveil, avant de tirer à nouveau de l’eau, effectuez un second relevé : si l’index de consommation a augmenté, c’est qu’une fuite est à rechercher. Un plombier vous aidera à la localiser.

2. Qui va payer les dégâts ?

Réparer les dégâts liés à des tuyaux gelés peut se révéler très onéreux. Heureusement, vous pouvez dans certains cas éviter de régler seul la facture.

Si vous êtes locataire, vous êtes présumé responsable des canalisations éclatées et des dégâts des eaux qui en résultent. Mais si vous prouvez que ces dégradations sont dues à une faute de votre bailleur (logement vétuste, mauvaise isolation …), ce sera à lui de prendre financièrement en charge les réparations.

Mieux : si vous avez été privé d’eau en conséquence d’une négligence du propriétaire de votre logement, celui-ci peut être contraint en justice de vous verser des dommages-intérêts pour "privation de jouissance".

Locataire ou propriétaire, vous pouvez également être indemnisé par votre assurance multirisque habitation. Comme pour la plupart des sinistres, il ne faut pas tarder à déclarer le dommage : le délai est de cinq jours.

Les frais engendrés par le gel de canalisations sont généralement pris en charge au titre de la garantie "dégâts des eaux".

Vérifiez toutefois l’information dans la rubrique "dommages aux biens" des conditions générales de votre assurance, certains contrats ne considérant pas les accidents liés au gel comme relevant de la catégorie « dégâts des eaux » ou proposant une garantie limitée (par exemple, les pannes de chaudière ou les dégâts sur des canalisations enterrées sont fréquemment exclues de l’indemnisation).

Chez quelques assureurs, l'assurance contre le gel se retrouve sous la forme d’une option contractuelle, d’une extension de garantie : sans y avoir souscrit, n’espérez aucun remboursement !

Même si vous êtes pleinement couverts contre le gel dans votre contrat, faites attention : la plupart des compagnies d’assurance subordonne l’indemnisation à la prise de précautions. Si vous n’avez pas fait preuve de vigilance pour vous prémunir du gel, la mise en jeu de l’assurance peut être refusée.

La remarque vaut également pour les pannes du compteur servant à relever votre consommation d’eau : sa protection incombe aux particuliers habitant le logement. En cas de gel, vous ne pourrez être remboursé de sa réparation ou de son remplacement par les services des eaux que si vous prouvez que vous aviez pris toutes les mesures nécessaires pour empêcher la panne.

3. Quelles précautions prendre à l'avenir ?

Que ce soit pour bénéficier de l’indemnisation par votre assurance ou simplement éviter des galères ultérieures, quelques précautions anti-gel peuvent être mises en place:

  • En cas d’absence supérieure à trois ou quatre jours, il est fortement recommandé de complètement couper l’eau de votre logement. Cette opération est souvent exigée pour faire jouer une assurance, et ce quelle que soit la saison.
    Même si l’habitation est convenablement chauffée, certains assureurs très exigeants imposent également d’arrêter la circulation d’eau froide la nuit, en période de grand froid.
  • Protéger le compteur et isolez la tuyauterie exposée au froid (à l’extérieur, dans les garages, les caves ou les combles) avec de la mousse ou des plaques de polystyrène. Évitez en revanche les matériaux qui retiennent l’humidité, comme la laine de verre, la paille, le tissu ou le papier.
  • Pensez à vidanger les canalisations qui sont à l’air libre, surtout en cas d’absence prolongée ou pour des résidences secondaires. Il suffit de fermer le robinet d’arrêt situé entre votre compteur et la canalisation publique puis d’ouvrir simultanément tous les robinets afin de vider totalement les tuyaux.

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