Comment avoir un beau jardin quand on n’a pas la main verte ?

Un jardin à la française © Flickr
Un jardin à la française © Flickr
Et si cette année vous vous occupiez vraiment de votre jardin, sans vous cacher derrière l'excuse de ne pas avoir la main verte ? Car pour nos jardiniers, cette "main verte" n'existe pas.

Chez vous, l’herbe est jaune et même les cactus dépérissent ? Vous n’avez jamais réussi à faire mûrir une tomate ou une fraise sur votre balcon ou dans votre jardin ? Pas de fatalité : avoir la main verte n’est pas forcément un don. Voilà quelques trucs pour s’occuper soigneusement de ses plantes et pouvoir enfin rivaliser avec le jardin du voisin.

1. Oser se lancer

"Je ne crois pas à la main verte", déclare d’emblée Rodolphe Grosleziat, jardinier, conférencier et auteur notamment du "Potager anti-crise". "Pour moi, c’est l’alibi de ceux qui ne font pas comme il faut".

Reste à savoir comment faire... Pour le jardinier, "il faut oser, même si on nous dit que ce n’est pas possible. Il faut développer son sens de l’observation, sa curiosité, son esprit d’expérience".

La première étape sera de fixer ses objectifs : veut-on un jardin-détente, un potager qui produit beaucoup, un peu de verdure sur son balcon... Pour Déna, jardinier amateur depuis l’âge de 12 ans, "ça doit rester un plaisir et donc pas une contrainte". Elle entretient un jardin "avec des tas de mauvaises herbes", car c’est ainsi qu’elle l’aime.

2. Connaître son jardin et son sol

Une fois qu’on a fixé ses objectifs, l’essentiel est de connaître son jardin et son climat. Ce qui permettra d’adapter les plantations à sa localisation : si l’ensemble du jardin est à l’ombre, certaines fleurs ne pourront tout simplement pas y pousser, ça ne sert à rien de se battre !

"Je sais, par exemple, que dans une partie de mon jardin, j’ai des conifères, ce qui entraîne une terre plus acide autour d’eux", explique Déna. Dans cette zone, elle choisira donc les plantes adaptées.

"Il faut faire attention à son sol, en renforçant sa vigueur et sa vitalité", renchérit Rodolphe Grosleziat. Concrètement, il conseille "d’éviter de le retourner si possible, et plutôt de le couvrir, avec des feuilles, des paillages ou les tontes de l’herbe". Toute cette matière organique se transformera en humus et enrichira la terre tout en protégeant les plantes des maladies.

3. Commencer par des plantes faciles

Si on veut commencer doucement, Rodolphe Grosleziat recommande de débuter avec des fruits rouges : framboises, cassis, fraises, groseille... "Avec peu de temps de travail, on aura tout l’été de superbes fruits rouges et de quoi faire des confitures, des sorbets, etc.". Ensuite on peut passer aux pommes de terre, aux tomates, aux radis ou aux salades à couper. "Pour ces dernières, ce n’est pas compliqué, il suffit de les semer puis de les récolter", confie Rodolphe Grosleziat.

Attention aux plantes trouvées dans les supermarchés ou les jardineries : "elles ont poussé dans des conditions idéales, ont été bichonnées jusqu’à leur arrivée en magasin, raconte le jardinier. Au moment où on les achète, on les met en terrain hostile". Et pas sûr qu’elles tiennent ! Rodolphe Grosleziat recommande donc de semer soi-même ses graines. "En les arrosant lors des semis, en profondeur, on va leur permettre de germer vite et leurs racines vont s’enfoncer profondément, en sécurité, là où il y aura toujours de la fraîcheur et de l’humidité".

4. Tout est une histoire de rythme et de patience

Évidemment, du semis à l’assiette, il faudra être patient. "Il ne faut pas s’attendre à avoir un jardin magnifique immédiatement", confie Déna. Plantes et arbustes ont besoin de temps, parfois des décennies, pour se sentir bien et se développer quelque part.

"Quand on jardine, on est sur une autre échelle de temps, confirme Rodolphe Grosleziat. On se projette en terme de vie d’un légume : 30 jours pour les radis et les salades, des décennies pour certains fruitiers..." Et même par rapport aux saisons, il faut savoir se projeter : "là, mi-avril, je suis déjà en été, voire en automne pour certaines plantes", poursuit le jardinier.

Il faut bien évidemment respecter le cycle des saisons et le rythme de chaque plante. Livres et sites Internet sur la question sont très nombreux, et on peut s’informer facilement. "Mais il ne faut surtout pas se prendre la tête, nuance Rodolphe Grosleziat. Le jardinage doit rester simple, cohérent et logique ! Si on utilise trop de moyens ou trop de temps, c’est qu’il y a un problème quelque part. Mon terrain fait 3.000 m2, j’y passe moins d’une demi-heure par jour." Tout dépend des techniques !

Déna fonctionne de la même façon : "je ne sais pas si j’ai toujours la méthode la plus orthodoxe, mais je fais au feeling. Quand une plante à besoin d’eau par exemple, ça se voit ! Il faut les regarder. Et pas hésiter à couper. Comme tout le monde, j’ai des plantes qui claquent. En général, je coupe tout, j’arrose, et souvent les racines repoussent". Les deux jardiniers sont formels : l’essentiel est d’observer, d’écouter son jardin, et surtout, d’y prendre du plaisir.

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