L’aspirine, un remède contre le cancer ?

Trois nouvelles études montrent que la prise qutodienne de 75mg d'aspirine diminue le risque de cancer. Image via FlickR cc license by locken_rock
Trois nouvelles études montrent que la prise qutodienne de 75mg d'aspirine diminue le risque de cancer. Image via FlickR cc license by locken_rock
Trois nouvelles études mettent en avant la diminution du risque de cancer lors de la prise quotidienne de faibles doses d'aspirine.

L'idée fait rêver : un simple comprimé d'aspirine pour éradiquer le cancer. D'ici quelques années, ce sera peut être possible.

Mercredi 21 mars, le site de l'hebdomadaire médical britannique The Lancet a publié trois nouvelles études qui montrent qu'une prise quotidienne d'aspirine réduit la mortalité et le risque de métastases (cellules cancéreuses développées à distance du foyer tumoral initial).

Ces études ont été menées par le professeur Peter Rothwell, fondateur de l'Unité de recherche sur la prévention des accidents vasculaires cérébraux à l'université d'Oxford.

Son équipe a rassemblé des données issues d'essais destinés, à l'origine, à évaluer les bénéfices sur le plan cardiovasculaire d'une prise en continu d'aspirine.

1. 75 milligrammes par jour

Une précédente étude du professeur Rothwell, publiée en décembre 2010, mettait en évidence une réduction d'environ 20% du risque de décès par cancer chez 25 000 participants. Ils avaient pris chaque jour, pendant quatre ans, une faible dose (75mg) d'aspirine. Le risque de décès par cancer était réduit de 34% après cinq ans de traitement.

Les trois nouvelles études confirment la réduction du risque de décès, mais aussi du risque de tumeurs malignes et du risque de cancer avec métastases. Les bénéfices sont encore plus importants sur les adénocarcinomes, les tumeurs les plus fréquentes. Elles sont notamment à l'origine des cancers du sein, de la prostate et du colon.

La première étude regroupe les résultats de 51 essais où les participants étaient répartis de manière aléatoire, dans un groupe prenant de l'aspirine et un autre n'en prenant pas. Le risque de cancer a diminué de 15% sous aspirine. La diminution du risque était de 37% après cinq ans de prise ou plus.

La deuxième étude démontre une réduction de 31 % du risque d'adénocarcinome déjà métastasé lors du diagnostic, et de 55 % d'apparition ultérieure de métastases. Dans le cas du cancer colorectal, le risque de métastases ultérieures est même réduit de 74 %. Cet effet est indépendant de l'âge et du sexe.

La troisième étude évalue la réduction du risque de cancer colorectal à environ 40%.

2. Risque d'hémorragie

Toutefois, les médecins rappellent que ce médicament, qui fluidifie le sang, n'est pas sans danger : des études ont montré que la prise régulière d'aspirine pouvait conduire à des hémorragies, suffisamment importantes pour nécessiter une hospitalisation.

L'équipe du professeur Rothwell a constaté que le risque d'hémorragie augmentait au début des essais, mais diminuait voire disparaissait après trois ans de traitement.

"Pour savoir à qui et à partir de quel âge donner de l'aspirine, soit en prévention de la survenue d'un cancer, soit pour éviter les métastases ou une récidive, il est indispensable de monter un essai clinique spécifique de grande ampleur", prévient Fabio Calvo, directeur de la recherche à l'Institut national du cancer.

Il s'agira aussi de mettre au point des aspirines "hybrides", qui conserveraient les effets bénéfiques anti-cancer, sans les effets indésirables.

Partager cet article