Lacanau : pourquoi les feux de forêt sont-ils si difficiles à maîtriser ?

Des pompiers tentent de maîtriser le feu vers le TGV Barcelone-Perpignan, près de Llers (Catalogne), le 23 juillet 2012. © REUTERS
Des pompiers tentent de maîtriser le feu vers le TGV Barcelone-Perpignan, près de Llers (Catalogne), le 23 juillet 2012. © REUTERS
Le département de la Gironde est à son tour touché par les flammes.

C'est un des incendies les plus violents de l'été en France. Le feu s'est déclaré jeudi 16 août dans l'après-midi entre les communes de Lacanau et Lacanau-Océan. Vendredi matin, l'incendie a déjà ravagé près de 550 hectares de forêt de pins.

Ce nouvel incendie fait suite à de multiples feux qui se sont précédemment déclenchés en Espagne et à la frontière franco-espagnole.

Entre le 1er janvier et le 5 août, 132 000 hectares auraient été détruits dans le pays.

Jean-Marc Antonini, lieutenant-colonel au service département d’incendie et de secours (SDIS) des Landes, nous explique pourquoi un feu de forêt n'est pas toujours facile à maîtriser.

1. La végétation : le maquis et les pins sont particulièrement inflammables

Les types de végétaux particulièrement inflammables sont le maquis (arbustes, buissons) qu’on trouve dans la forêt méditerranéenne, et les pins (notamment dans le département des Landes).

Les feuillus (chênes, bouleau, châtaigniers…), en revanche, sont très résistants au feu.

Les Pyrénées-Orientales sont principalement constituées de forêts de chênes et de garrigue. Si les chênes sont résistants, la garrigue l’est beaucoup moins : cette végétation, composée d’arbustes épineux, se trouve sur un sol calcaire, donc sec. Un sol peu humide va évidemment alimenter le feu au lieu de le stopper.

2. Les conditions météo : un air sec et un vent fort attisent le feu

En été, l’air devient particulièrement sec, donc la vitesse de propagation de l’incendie est plus importante.

La puissance du vent et sa direction risquent également d’attiser le feu. Dans les Pyrénées-Orientales, le vent soufflait à plus de 90km/h lors de l’incendie fin juillet.

3. Le relief : "feux de pente"  et conditions d’accès difficiles pour les secours

C’est le principal inconvénient des Pyrénées-Orientales : le relief. La pente, en région montagneuse, est un accélérateur de feu.

"Un feu né à la base d’une pente, en montagne, va la gravir à toute vitesse : le haut de la flamme brûle plus intensément. Dans une pente, le feu va donc toujours brûler vers le haut ", explique Jean-Marc Antonini, directeur opérationnel au Service départemental d’incendie et de secours des Landes.

C’est ce qu’on appelle justement des "feux de pentes".

En outre, en montagne, les conditions d’accès des secours sont plus difficiles : les chemins tortueux ne permettent pas aux camions de pompier de s’approcher au plus près des départs de feu.

D’où l’emploi de moyens aériens. Mais les bombardiers doivent toujours être complétés par l’effort des pompiers au sol…

4. Même après l’extinction d’un incendie, la sécheresse et le vent peuvent déclencher de nouveaux départs de feu

Une fois l’incendie éteint, les secours sont obligés de surveiller le terrain afin que le feu ne reprenne pas. "Tant qu’il n’aura pas plu, ce sera dangereux pour la tourbe -végétation mélangée à la terre- qui peut brûler sous la terre", prévient Jean-Marc Antonini.

Le vent peut aussi faire repartir un feu : il projette des bouts de végétaux enflammés, qui vont tomber plus loin sur les cimes des arbres. C’est ce qu’on appelle des "sautes de feu".  En cas de sécheresse, cela risque de provoquer un nouvel incendie. Cette situation est rare, mais le danger est sévère.

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