Dico de l’actu : Mohamed Merah est-il fanatique ou dément ?

Selon les médias, Mohammed Merah, retranché dans son appartement rue Vigné à Toulouse, est un "forcené". © REUTERS.
Selon les médias, Mohammed Merah, retranché dans son appartement rue Vigné à Toulouse, est un "forcené". © REUTERS.
Les médias et politiques n'ont pas hésité à qualifier l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban de "dément", "fanatique", "terroriste" et "forcené". Avec plus ou moins de justesse lexicale.

1. Dément

  • Du latin mens, "esprit" avec le préfixe –dé marquant le manque.
  • Dans le langage courant : qui a perdu la raison, qui est atteint d’aliénation mentale, de troubles psychologiques.
  • Dans un sens médical : atteint d’un affaiblissement psychique profond, qui se manifeste par une diminution des fonctions intellectuelles avec troubles de la mémoire, de l'attention et du jugement.
  • Dans un sens juridique : le code pénal a supprimé toute référence à la notion de "démence" depuis 1994. Il prévoit toutefois que "n’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte au moment des faits d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes". Si le tribunal, aidé par un collège d’experts en psychiatrie, estime que la personne n’était pas consciente au moment des faits qui lui sont reprochés, elle est déclarée pénalement irresponsable. À la place d’une peine d’emprisonnement, il peut être décidé d’un placement en établissement médical.

2. Fanatique

  • Du latin fanum, "temple" et fanaticus, "serviteur du temple" puis "inspiré, rempli d’enthousiasme".
  • Caractère d’une personne absolument et exclusivement dévouée à une cause, qui pousse à l’intolérance religieuse ou politique et conduit à des actes de violence.

3. Terroriste

  • Du latin terror, "terreur". Mot né en 1794, pendant la Révolution française, pour désigner les partisans du régime de la Terreur.
  • Qui participe à des actes de violence commis pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, satisfaire une haine l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système.

4. Forcené

  • Du latin fors, "hors de", et de l’allemand sinn, "sens".
  • Qui dépasse toute mesure dans ses attitudes, dont la colère et la violence est intense.
  • Employer le mot "forcené" exclusivement pour désigner une personne qui s’est retranchée, armée, dans un lieu clos est un abus de langage.

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