Connaissez-vous l’Olympic, le frère jumeau du Titanic ?

L'Olympic © Wikimedia Commons
L'Olympic © Wikimedia Commons
Il y a un siècle, jour pour jour, sombrait le Titanic. Ce qu'on sait moins, c'est que ce Paquebot avait un frère jumeau au destin bien surprenant.

Ce 14 avril 2012, on célèbre le centenaire du naufrage du Titanic dans l’Océan Atlantique nord, alors qu’il devait rallier New-York. Environ 1 500 personnes ont péri, après une collision avec un iceberg. Si la carrière du Titanic s’est arrêtée là, on ignore souvent qu’il possédait deux "sister ships", des bâteaux similaires, l’Olympic et le Gigantic (devenu Britannic). Le parcours du premier a été beaucoup plus long que ses deux frères, bien qu’il soit moins connu.

1. Trois bateaux conçus entre 1908 et 1915

"C’était une habitude sur les chantiers navals : on ne construisait jamais un seul exemplaire d’un bateau, c’était trop coûteux", explique Gérard Jaeger, auteur de "Il était une fois le Titanic". Résultat : la compagnie maritime britannique White Star Line a décidé de faire construire, à Belfast, par les chantiers Harland &Wolff trois exemplaires similaires du même paquebot : l’Olympic, le Titanic et le Gigantic.

"L’Olympic est mis sur cale en premier, en 1910, poursuit Gérard Jaeger. Les autres paquebots sont conçus sur le même plan de base, avec une structure et une capacité similaires. Mais avec le temps et l’expérience, quand l’un était terminé, on modifiait légèrement le suivant pour corriger les défauts". Pour des raisons de place, l’Olympic et le Titanic sont lancés en premier, à quelques mois d’intervalle. La construction du Gigantic est prévue par la suite.

2. Des bateaux de luxe gigantesques

L’Olympic est mis en service en 1911. "Lorsqu’il traverse l’Atlantique pour la première fois, c’est alors le plus gros et le plus beau bateau, raconte Gérard Jaeger. Ce n’est pas le plus rapide en revanche, il met un jour de plus que ses concurrents, comme le Lusitania, pour ralier l’Amérique. White Star Line privilégie le confort et cherche surtout à faire des économies, car le charbon coûtait cher et en naviguant moins vite on en dépensait moins."

L’Olympic, tout comme le Titanic quelques mois plus tard, est un bateau luxueux, pour les trois classes. "Pour la première classe, c’est un palace flottant, comme ce qu’on avait l’habitude de voir sur la Côte d’Azur ou à Paris", explique Gérard Jaeger. La deuxième classe, elle, correspond à la première des concurrents. Quant à la troisième, les familles ont même droit à des cabines individuelles. Au commandement de l’Olympic lors de sa première traversée : le capitaine Edward Smith, celui qui prendra en suite la tête du Titanic...

"Le Titanic est lancé dans les mêmes conditions, poursuit Gérard Jaeger. Bien que ce soit le même bâteau, on dit qu’il est plus grand. S’il fait bien la même longueur, son volume, son poids et ses aménagements en ont fait effectivement le plus beau navire du monde, qui surclasse même l’Olympic". Une façon aussi pour la compagnie de rester au top : chaque nouveau navire est "mieux" que le précédent.

3. Les conséquences du naufrage du Titanic sur l’Olympic

Quand le Titanic coule, en 1912, l’Olympic est immédiatement remis sur cale, sur le chantier de Belfast. Objectif : faire des travaux pour éviter un accident similaire. On installe alors une double coque, on ajoute des embarcations de sauvetage pour tous les passagers et membres d’équipage et des zones d'embarquement, on surélève les cloisons étanches jusqu’au pont supérieur et on agrandit le safran, c’est-à-dire la surface du gouvernail pour contrer la lenteur à tourner du navire.

"La White Star Line a modifié les éléments qui avaient expliqué le naufrage. On a souvent critiqué la qualité de la construction de cette génération de paquebot, raconte Gérard Jaeger. Mais c’est faux : ils étaient extrêmement fiables et solides. Le naufrage du Titanic est survenu suite à une succession de malchances."

4. Une vie longue mais plus calme que le Titanic

D’ailleurs, l’Olympic aura eu une vie beaucoup plus longue que son petit frère. Après plusieurs traversées transatlantiques, il est réquisitionné pendant la première guerre mondiale et devient un transporteur de troupes. "Il a réussi à éviter les sous-marins ennemis", poursuit Gérard Jaeger.

A la fin de la guerre, il redevient un navire civil et continue les traversées de l’Atlantique. Ce n’est qu’en 1936 qu’il est désarmé, car les nouvelles générations de bateaux sont plus performantes. "Mis à part quelques avaries, il ne lui est rien arrivé.  On l’a donc oublié", conclut Gérard Jaeger. Si ce n’est qu’au moment du naufrage du Titanic, son capitaine est un certain Herbert Haddock, qui inspirera Hergé pour son célèbre capitaine, ami de Tintin.

5. Le Gigantic, devenu Britannic, le petit dernier

Dernier né du trio, celui qui devait s’appeler le Gigantic voit sa construction retardée à cause du naufrage du Titanic et des travaux sur l’Olympic. "Après le naufrage, la compagnie a décidé de changer son nom. Les passagers ne seraient jamais monté un bord d’un bateau qui aurait eu un nom encore plus extravagant", explique Gérard Jaeger. Oublié le géant après le titan, le paquebot est baptisé Britannic.

Mais sa construction est achevée au début de la première guerre mondiale. Il devient alors un navire-hôpital avant même d’avoir traversé l’Atlantique une première fois. Contrairement à l’Olympic, il ne parvient pas à éviter les mines ennemies et coule rapidement.

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