Qui sont les cathos intégristes de Civitas ?

Des catholiques fondamentalistes manifestent en novembre 2011 contre une pièce de théâtre du metteur en scène Roméo Castelluci à Rennes ©REUTERS
Des catholiques fondamentalistes manifestent en novembre 2011 contre une pièce de théâtre du metteur en scène Roméo Castelluci à Rennes ©REUTERS

Des manifestations contre le projet de loi sur le "mariage pour tous" ont eu lieu ce week-end à Paris, Lyon, Marseille, Rennes, Nantes et Toulouse. Samedi 17 novembre, 100 000 personnes ont manifesté avec le soutien de plusieurs associations et paroisses catholiques.

Dimanche 18, une autre manifestation était organisée à l'appel de l'institut Civitas. Elle a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Paris. Des militantes féministes Femen et des journalistes ont été agressés pendant ce rassemblement. Ce lundi, plusieurs personnalités réclament la dissolution de ce mouvement.

Les catholiques intégristes de Civitas avaient déjà beaucoup fait parler d'eux l'année dernière en s'opposant à des pièces de théâtre mettant en scène Jésus Christ.

1. Des intégristes qui veulent "rechristianiser la France"

Civitas est l'héritier d'un autre mouvement, la Cité Catholique, créée en 1946 par l'intellectuel et militant Jean Ousset, qui vise à former des élites pour établir un État national catholique.

En 1988, Monseigneur Lefebvre s'oppose fermement au mouvement de modernisation de l'Église Concile Vatican II, lancé par Jean Paul II. Il fonde alors la fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), non reconnue par l'Église.

La Cité Catholique se scinde alors en deux : d'un côté, Ichtus, qui vise à établir un État national catholique, de l'autre, Civitas, qui se rapproche de FSSPX et "dont le but est la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ" selon son site Internet.

Christian Terras, directeur de la revue catholique progressiste Golias, résume le projet de Civitas: "Rechristianiser la France et chasser l'infidèle qui blasphème et qui donne une image caricaturale de la foi. Ce sont des croisés contre la modernité. Ils ont la nostalgie du temps où l'Église catholique influait sur la politique intérieure, internationale, culturelle...".

2. Un rapport ambigu avec l'Église catholique

En théorie, les intégristes de Civitas n'ont aucun rapport avec l'Église catholique : l'aumônier de Civitas, l'abbé Jean-Yves Tranchet, est un prêtre lefebvriste, donc non reconnu par la hiérarchie catholique.

Par ailleurs, c'est l'abbé Xavier Beauvais, prieur de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, principal bastion traditionaliste et repère d'extrême droite, qui est chargé de la formation et de la doctrine de Civitas.

Mais le secrétaire général de Civitas, Alain Escada, aime jouer l'ambivalence. En 2009, il appelle sur son blog à soutenir le pape Benoit XVI, qui invite les traditionalistes de FSSPX à se rapprocher du Vatican.

3. Un lobby qui s'appuie sur le projet politique de l'extrême droite

Dès sa création, la Cité Catholique vient en aide ou accueille dans ses rangs nombre de collaborateurs en déroute du régime de Vichy. Ceux-ci vont prendre leur revanche dans les combats contre la décolonisation en Indochine puis en Algérie.

Aujourd'hui, Civitas évolue dans la mouvance de l'extrême-droite. On retrouve en son sein plusieurs personnalités de ce courant politique. Par exemple :

Le secrétaire général de Civitas, Alain Escada, préside également le mouvement nationaliste Belgique et Chrétienté. Dans les années 1990, il fut porte-parole du Front Nouveau de Belgique, un parti dissident du FN belge.

Aujourd'hui, leur objectif est donc de "se présenter comme les vrais défenseurs de l'Église catholique face à l'Islam menaçant, en y opposant le martyre des chrétiens", résume Christian Terras. D'où leur éternel refrain sur la "christianophobie".

Civitas cherche aujourd'hui ouvertement a développer son influence dans le monde l'entreprise et auprès des élus locaux.

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