Légion d’honneur : quelles célébrités l’ont refusée ?

Genevieve de Fontenay, Jacques Tardi (photo via Facebook) et Catherine Deneuve ©REUTERS
Genevieve de Fontenay, Jacques Tardi (photo via Facebook) et Catherine Deneuve ©REUTERS
Parmi elles : Camus, Monet, Ravel, Prévert ou Tardi en 2013.

La promotion 2013 de Nouvel An de la Légion d'honneur vient d'être rendue publique. Cette année pas moins de 681 personnalités sont décorées dont les trois militaires tués par Mohamed Merah, les sportifs médaillés aux jeux Olympiques et Paralympique.

Mais cette décoration n'a pas toujours été acceptée. L'auteur de bandes dessinés, Jacques Tardi, décoré cette année vient de refuser "avec la plus grande fermeté" cette distinction. Il explique à l'AFP, vouloir "rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque pouvoir que ce soit".

Nombreuses sont les personnalités célèbres qui l'ont refusée pour des raisons diverses : mérite dont ils s'estiment indignes, souci d'indépendance, esprit frondeur, coquetterie... Voici une petite liste non exhaustive.

De nombreux écrivains célèbres refusèrent se laisser décorer : Georges Bernanos, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus...

Des peintres également : Claude Monet, Gustave Courbet ou des musiciens : Hector Berlioz, Maurice Ravel...

  • Certaines personnes ont tenu à expliciter leur refus :

George Sand écrivit au ministre qui lui proposait la croix : "Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille cantinière !"

Honoré Daumier caricaturiste du XIXe siècle, connu pour ses dessins satiriques d'hommes politiques : "Je prie le gouvernement de me laisser tranquille !"

Hector Berlioz, auquel l’État désargenté voulait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis, s’écria : "Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent !".

Pierre Curie refusa la légion d'honneur d'un simple "Je n’en vois pas la nécessité "

Georges Brassens déclina l'honneur et se fendit même par la suite d'une chanson satirique où il dénonça "le fatal insigne qui ne pardonne pas"

Lorsque Louis Aragon la refusa, Jacques Prévert lui dit, en faux reproche : "C’est très bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méritée."

Marcel Aymé, en 1949 répondit de manière cinglante au ministère de l'Éducation nationale qui lui proposait l'insigne : " [...] pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir à refuser d'aussi désirables faveurs, ce qui me cause nécessairement une grande peine, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens."

Léo Ferré brocarda "ce ruban malheureux et rouge comme la honte".

Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT, la refusa en déclarant : "Ce n’est pas à l’État de décider ce qui est honorable ou pas".

Geneviève de Fontenay : "C’est vraiment désacraliser le ruban que de le distribuer à n’importe qui… comme des médailles en chocolat."

Brigitte Bardot décorée en 1985 refusa d’aller la chercher, de même que Catherine Deneuve ou encore Claudia Cardinale...

Plus récemment, en 2009, Françoise Fressoz, journaliste au Monde et Marie-Eve Malouines, journaliste à France info, l'ont toutes deux refusée, estimant que "rien dans (leur) parcours ne justifie pareille distinction".

Et en août 2012, c'est la chercheuse Annie Thébaud-Mony, spécialiste des cancers professionnels qui a refusé cette distinction. Elle a souhaité, par là, dénoncer "l'impunité" de responsables de groupes industriels, responsables de "crimes industriels".

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